Compréhension écrite du TCF Canada : format, notation et 24 exercices corrigés
L’épreuve de compréhension écrite du TCF Canada compte 39 questions à choix multiple, de difficulté croissante, à faire en 60 minutes. Cette page explique comment elle est notée et vous propose un test d’entraînement gratuit : 24 questions originales, du niveau A1 au niveau C2, avec une explication pour chaque réponse.
Mis à jour le 19 octobre 2026
Comment se déroule l’épreuve
La compréhension écrite est l’une des quatre épreuves obligatoires du TCF Canada, le test de France Éducation international accepté par IRCC (voir le TCF Canada en détail). C’est une épreuve collective, sur papier ou sur ordinateur selon le centre.
- 39 questions à choix multiple : quatre choix par question, une seule bonne réponse.
- 60 minutes pour l’ensemble, soit environ 92 secondes par question en moyenne.
- Une difficulté croissante : les questions vont des plus simples aux plus complexes.
France Éducation international conseille de se familiariser avec le format et la durée des épreuves, et de faire ses exemples officiels de questions : vous les trouverez dans les sources en bas de page.
Comment le score est calculé
Le résultat de compréhension écrite est un score de 100 à 699, calculé selon deux règles officielles :
- Le barème tient compte de la difficulté des questions. Toutes les questions ne pèsent pas le même poids : votre score dépend de la difficulté de celles que vous réussissez.
- Seules les bonnes réponses comptent. Une réponse fausse vaut 0, exactement comme une absence de réponse : on ne perd rien à répondre.
Conséquence pratique : répondez à toutes les questions. Une réponse donnée au hasard a une chance sur quatre d’être juste ; une case vide n’en a aucune.
Sur la grille de niveaux de France Éducation international, chaque tranche de 100 points correspond à un niveau du CECR : de 100 à 199 pour A1, de 200 à 299 pour A2, de 300 à 399 pour B1, de 400 à 499 pour B2, de 500 à 599 pour C1, de 600 à 699 pour C2. Les niveaux affichés dans notre test (A1 à C2) indiquent seulement la difficulté estimée de chaque question : ils ne correspondent pas à un score.
Score de compréhension écrite et NCLC
IRCC convertit le score de compréhension écrite en niveau NCLC avec le tableau de sa page sur les résultats des tests de langue pour Entrée express (date de modification : 16 octobre 2026) :
| NCLC | Score en compréhension écrite (sur 699) |
|---|---|
| 10 et plus | 549 à 699 |
| 9 | 524 à 548 |
| 8 | 499 à 523 |
| 7 | 453 à 498 |
| 6 | 406 à 452 |
| 5 | 375 à 405 |
| 4 | 342 à 374 |
| Inférieur à 4 | moins de 342 |
En compréhension écrite, NCLC 7 commence donc à 453 (de 453 à 498, soit le niveau B2 sur la grille de France Éducation international), et NCLC 8 à 499. Attention : les tranches de la compréhension orale ne sont pas les mêmes, et NCLC 7 y commence à 458. Un même score peut donc donner deux niveaux différents dans les deux épreuves de compréhension.
Tous les tableaux et un convertisseur : tableau de conversion NCLC. Les scores à viser dans les quatre compétences : notre guide NCLC 7.
Méthode : 7 conseils pour la lecture
- Lisez la question avant le document. Vous savez alors ce que vous cherchez (une heure, une consigne, l’avis de l’auteur, le but du texte) et vous lisez avec un objectif. Lisez ensuite le document en entier avant de choisir.
- Comptez environ une minute et demie par question. 60 minutes pour 39 questions, cela fait 92 secondes en moyenne. Comme la difficulté augmente au fil de l’épreuve, avancez vite sur les premières questions pour garder du temps pour les dernières. France Éducation international conseille d’ailleurs de bien gérer son temps en compréhension écrite.
- Ne laissez aucune case vide. Seules les bonnes réponses comptent : si une question vous bloque, éliminez ce que vous pouvez, choisissez, puis passez à la suivante.
- Éliminez avant de choisir. Écartez d’abord les choix que le texte contredit, puis ceux qui disent quelque chose de vrai sans répondre à la question posée. S’il en reste deux, relisez la phrase du document qui les départage.
- Méfiez-vous des mots repris tels quels. Un choix qui reprend les mots du document n’est pas forcément le bon : vérifiez qu’il dit la même chose. La bonne réponse, elle, reformule souvent le texte (voir l’exemple ci-dessous).
- Surveillez les petits mots qui changent le sens. Négations (« ne… plus », « ne… que »), exceptions (« sauf »), oppositions et concessions (« mais », « pourtant », « certes », « non que ») : dans les textes argumentatifs, la position de l’auteur se cache souvent derrière eux. Pour les reconnaître vite, revoyez les connecteurs logiques.
- Ne perdez pas de temps à prendre des notes. C’est un conseil de France Éducation international pour les épreuves à choix multiple : le temps passé à écrire manque ensuite pour lire.
Exemple : la reformulation et le piège des mêmes mots
| Dans le document | « Les inscriptions sont closes depuis vendredi. » |
|---|---|
| Bonne réponse : d’autres mots, le même sens | « Il est trop tard pour s’inscrire. » |
| Piège : les mêmes mots, un autre sens | « Les inscriptions ont lieu vendredi. » |
Test gratuit : 24 questions de compréhension écrite corrigées
Les 24 questions ci-dessous ont été écrites pour TCF Canada Coach : ce ne sont pas des questions d’examen, réelles ou « de mémoire ». Chacune porte sur un court document (affiche, courriel, annonce, article, chronique, extrait d’essai ou de roman) et propose quatre choix, dont un seul est juste. Comme à l’épreuve, la difficulté augmente : 4 questions par niveau, du niveau A1 au niveau C2.
- Pour répondre : choisissez une réponse, puis cliquez sur « Vérifier ». La bonne réponse s’affiche, avec une explication et le piège à éviter.
- Le chronomètre est facultatif ; le temps conseillé suit le rythme de l’épreuve, environ une minute et demie par question.
- Vos réponses restent enregistrées sur cet appareil ; le bouton « Recommencer » efface tout.
- Le niveau affiché sur chaque question est notre estimation de sa difficulté.
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Piscine municipale
Fermée du lundi 3 au dimanche 9 mars pour travaux.
Réouverture le lundi 10 mars à 7 h.
« Réouverture le lundi 10 mars » : la piscine rouvre ce jour-là. Du 3 au 9 mars, elle est fermée.
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Boulangerie chez Odile
Du mardi au vendredi : 7 h à 19 h
Samedi : 8 h à 18 h
Dimanche : 8 h à 13 h
Fermée le lundi.
Croissants chauds dès l’ouverture.
Le dimanche, la boulangerie est ouverte de 8 h à 13 h : à 10 h, on peut donc y acheter du pain. Attention à 7 h : c’est l’heure d’ouverture du mardi au vendredi, pas celle du dimanche.
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Salut Marc ! Mon bus a du retard. J’arrive au café à 18 h 30, pas à 18 h. Tu peux me commander un thé, s’il te plaît ? Merci !
Julie
« Tu peux me commander un thé, s’il te plaît ? » : Julie demande à Marc de lui commander une boisson. Le piège est la réponse A : c’est Julie, et non Marc, qui arrivera à 18 h 30, à cause du retard de son bus.
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Parc des Bouleaux
Ouvert tous les jours de 6 h à 22 h.
Chiens acceptés en laisse.
Vélos interdits sur les pelouses.
Merci de garder le parc propre !
« Vélos interdits sur les pelouses » : on ne peut pas rouler à vélo sur l’herbe. Le piège est la réponse B : les chiens sont acceptés, à condition d’être tenus en laisse.
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Offre d’emploi
Le Bistro chez Nadia cherche un serveur ou une serveuse à temps partiel, pour les soirs et les fins de semaine. Aucune expérience n’est demandée : nous formons nos employés sur place. Il faut parler français et anglais. Déposez votre CV au restaurant du lundi au vendredi, entre 14 h et 17 h, ou appelez Nadia au 555-0142.
L’annonce ne demande aucune expérience (« nous formons nos employés sur place ») mais exige le français et l’anglais : elle convient à une personne bilingue, même débutante. Le piège est la réponse B : de 14 h à 17 h, on dépose son CV ; le poste, lui, est le soir et la fin de semaine.
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Objet : cours de yoga du jeudi 14 novembre
Bonjour à toutes et à tous,
Je suis malade et je dois annuler le cours de yoga du jeudi 14 novembre. Je vous propose de le remplacer par un cours le samedi 16 novembre, à 10 h, dans la même salle. Si vous ne pouvez pas venir samedi, ce n’est pas grave : la séance vous sera remboursée à l’accueil du centre.
Bonne semaine,
Sophie
« Si vous ne pouvez pas venir samedi […] la séance vous sera remboursée » : ces personnes récupèrent l’argent du cours. Le piège est la réponse B : le cours du jeudi 14 novembre n’a pas lieu, c’est justement celui que Sophie annule.
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Bonjour Monsieur Tremblay,
Je pars voir ma fille à Vancouver du 2 au 16 août. Est-ce que vous pourriez arroser mes plantes deux fois par semaine ? Je laisserai une clé de mon appartement chez la concierge. Pas besoin de vous occuper du courrier : mon fils passera le prendre le samedi.
Merci beaucoup !
Hélène, appartement 4
Hélène part du 2 au 16 août et demande à son voisin d’arroser ses plantes deux fois par semaine. Le piège est la réponse A : le courrier, c’est son fils qui s’en charge (« Pas besoin de vous occuper du courrier »).
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Grande vente de garage
Le samedi 24 mai, de 9 h à 16 h, la rue des Pins sera fermée aux voitures pour la grande vente de garage du quartier. Vous voulez vendre des vêtements, des livres ou des jouets ? Réservez un emplacement avant le 17 mai au 555-0163. Chaque emplacement coûte 10 $ : l’argent servira à installer des bancs dans le parc. Pour les visiteurs, l’entrée est libre. En cas de pluie, la vente aura lieu le dimanche 25 mai.
D’après l’annonce, « l’argent servira à installer des bancs dans le parc » : les 10 $ des emplacements paieront de nouveaux bancs. Le piège est la réponse C : la pluie change seulement la date (la vente est reportée au dimanche 25 mai) ; le texte ne parle d’aucun remboursement.
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Travaux dans l’immeuble
Madame, Monsieur,
Le chauffe-eau de l’immeuble sera remplacé le mardi 8 octobre. Ce jour-là, l’eau chaude sera coupée de 8 h à 16 h dans tous les appartements ; l’eau froide, elle, restera disponible. Nous vous conseillons donc de prévoir vos douches avant 8 h ou après 16 h.
Les ouvriers n’auront pas besoin d’entrer chez vous, sauf dans les logements du rez-de-chaussée, où un compteur doit être vérifié. Les locataires concernés seront contactés cette semaine pour fixer un rendez-vous.
Nous vous prions de nous excuser pour ce désagrément et vous remercions de votre compréhension.
La direction de l’immeuble
Les ouvriers doivent entrer dans les logements du rez-de-chaussée pour y vérifier un compteur, et ces locataires « seront contactés […] pour fixer un rendez-vous ». Le piège est la réponse B : ce ne sont pas les locataires qui vérifient le compteur, ce sont les ouvriers.
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Acheter un vélo d’occasion sans mauvaise surprise
Un vélo d’occasion coûte souvent deux à trois fois moins cher qu’un vélo neuf. Encore faut-il bien le choisir.
Avant de vous déplacer, demandez au vendeur des photos détaillées du cadre et de la chaîne : la rouille n’est pas toujours visible sur les images d’une annonce. Sur place, essayez toujours le vélo, ne serait-ce que quelques minutes. Les freins doivent répondre immédiatement et les vitesses doivent passer sans bruit.
Enfin, méfiez-vous des prix trop bas. Un vendeur qui ne peut pas expliquer d’où vient le vélo ne mérite pas votre confiance : mieux vaut payer un peu plus cher un vélo dont on connaît l’histoire.
« Avant de vous déplacer, demandez au vendeur des photos détaillées du cadre et de la chaîne » : c’est le seul conseil qui précède la visite. Le piège est la réponse B : essayer le vélo, comme vérifier les freins et les vitesses, se fait « sur place ».
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Mon premier hiver à Québec
Avant mon arrivée, tout le monde m’avait prévenue : « Tu vas voir, l’hiver ici, c’est autre chose. » Je m’attendais donc au pire.
Finalement, le froid n’a pas été le plus difficile. Avec un bon manteau, de bonnes bottes et un peu d’organisation, on s’habitue assez vite à −20 °C. Ce qui m’a vraiment pesé, c’est la nuit qui tombe vers 16 h en décembre. Les premières semaines, je n’avais envie de rien en rentrant du travail.
J’ai fini par m’inscrire à un club de raquette qui sort le samedi matin. Marcher à la lumière du jour, avec d’autres personnes, a tout changé. Aujourd’hui, j’attendrais presque la première neige avec impatience !
L’auteure écrit que « le froid n’a pas été le plus difficile » : ce qui lui « a vraiment pesé », c’est la nuit qui tombe vers 16 h, donc le manque de lumière. Le piège est la réponse A, qui reprend précisément l’idée qu’elle écarte.
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Bibliothèque du Vieux-Moulin : prêts et retours
Chaque abonné peut emprunter jusqu’à dix documents à la fois, pour une durée de trois semaines. Le prêt peut être prolongé deux fois, en ligne ou au comptoir, à condition que le document ne soit pas réservé par un autre abonné.
La bibliothèque ne demande pas d’amende en cas de retard. En revanche, dès qu’un document a plus de sept jours de retard, la carte de l’abonné est suspendue : il ne peut plus rien emprunter tant que le document n’a pas été rendu.
Les documents perdus ou abîmés doivent être remplacés ou remboursés à leur prix d’achat.
Au-delà de sept jours de retard, « la carte de l’abonné est suspendue » jusqu’au retour du document : il ne peut plus emprunter. Le piège est la réponse A : la bibliothèque « ne demande pas d’amende ». La suspension n’est pas définitive, et le remboursement concerne seulement les documents perdus ou abîmés.
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Des bureaux à moitié vides
Depuis que le travail hybride s'est généralisé, de nombreuses entreprises constatent que leurs locaux restent inoccupés plusieurs jours par semaine. Certaines ont choisi de réduire leur surface et de louer à d'autres sociétés les étages libérés. D'autres, au contraire, misent sur des espaces plus conviviaux pour inciter leurs salariés à revenir : cafétérias repensées, salles de réunion modulables, terrasses aménagées.
Pour les spécialistes de l'immobilier, la question n'est plus de savoir combien de mètres carrés il faut par employé, mais à quoi doit servir le bureau lorsque le travail individuel peut se faire à la maison.
La dernière phrase oppose l’ancienne question (les mètres carrés par employé) à la nouvelle : « à quoi doit servir le bureau ». L’option C reprend justement la question qui ne se pose « plus ».
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Jardins collectifs : la liste d’attente s’allonge
À Val-des-Saules, il faut désormais attendre près de trois ans pour obtenir une parcelle dans l’un des six jardins collectifs de la ville. Selon les responsables, la demande a doublé en cinq ans, portée à la fois par la hausse du prix des légumes et par l’arrivée de nombreuses familles qui n’ont pas de terrain.
Faute d’espaces disponibles pour créer de nouveaux jardins, la municipalité a choisi une autre voie : à partir du printemps prochain, les parcelles seront deux fois plus petites. « Une parcelle réduite de moitié, c’est deux fois plus de jardiniers », résume Martine Lacasse, conseillère municipale responsable du dossier.
Tous ne partagent pas cet enthousiasme. Plusieurs jardiniers de longue date craignent de ne plus pouvoir nourrir leur famille avec une surface aussi réduite. Ils demandent que les anciens membres puissent conserver leur parcelle actuelle.
Les parcelles « seront deux fois plus petites » : la même surface sera partagée entre « deux fois plus de jardiniers ». Le piège est la réponse D : garder les anciennes parcelles est une demande des jardiniers, pas une décision de la ville. Quant aux nouveaux jardins, ils sont impossibles « faute d’espaces disponibles ».
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Une rue piétonne, vue de ma boutique
Depuis le 1er juin, la rue Principale est fermée aux voitures pour tout l’été. Commerçante dans cette rue, j’étais plutôt favorable au projet, et je ne le regrette pas : les terrasses sont pleines, les familles flânent et mes ventes du samedi n’ont jamais été aussi bonnes.
Mais on aurait tort de croire que tout le monde y gagne. Mes clients âgés, qui se garaient devant la boutique, doivent maintenant marcher dix minutes depuis le stationnement le plus proche. Plusieurs ont tout simplement cessé de venir. Quant aux livraisons, elles ne sont permises qu’avant 7 h, ce qui oblige les petits commerces à payer des heures supplémentaires à leurs employés.
Je ne réclame pas le retour des voitures. Je demande seulement qu’on pense à ceux que la rue piétonne oublie : une navette pour les personnes à mobilité réduite et des horaires de livraison plus souples suffiraient. Une rue agréable pour se promener doit rester une rue où l’on peut faire ses courses.
La commerçante soutient le projet, mais demande qu’on pense « à ceux que la rue piétonne oublie » : une navette et des horaires de livraison plus souples. Le piège est la réponse B : elle écrit clairement « Je ne réclame pas le retour des voitures ».
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Théâtre : « La Maison d’été »
Sur le papier, « La Maison d’été » avait tout pour plaire : une distribution solide, un décor ingénieux et un sujet universel, celui d’une famille qui se retrouve pour vendre la maison de vacances des grands-parents. Les vingt premières minutes tiennent d’ailleurs leurs promesses : les dialogues sont vifs et les silences pèsent juste ce qu’il faut.
Puis la mécanique s’enraye. Chaque personnage a droit à son long monologue, comme s’il fallait que tout le monde ait son moment, et la tension retombe à chaque fois. On finit par regarder sa montre plus souvent que la scène.
Reste la performance d’Isaure Delage, bouleversante dans le rôle de la sœur aînée. Elle vaut à elle seule le déplacement, mais ne suffit pas à sauver la soirée.
Après un bon début, « chaque personnage a droit à son long monologue » et « la tension retombe » : l’expression signifie que la pièce perd son rythme. Le piège est la réponse A, qui prend « la mécanique » au sens propre ; le critique trouve au contraire le décor « ingénieux ».
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Autobus gratuits : la mauvaise réponse à une bonne question
L’idée revient à chaque campagne municipale : rendre les autobus gratuits. Elle a pour elle la simplicité et une certaine générosité. Qui pourrait s’opposer à un service public offert à tous ?
Le problème est ailleurs. Dans la plupart de nos quartiers, l’autobus passe toutes les vingt ou trente minutes, et plus du tout après 23 h. Ceux qui prennent leur voiture ne le font pas parce que le billet coûte trop cher, mais parce que le service ne correspond pas à leurs horaires. Renoncer au prix du billet, c’est se priver des recettes qui permettraient justement d’ajouter des autobus.
Il ne s’agit pas pour autant d’abandonner les usagers à faible revenu. Des tarifs calculés selon le revenu, déjà appliqués dans d’autres villes, coûtent bien moins cher qu’une gratuité générale et aident ceux qui en ont vraiment besoin.
Commençons par offrir un service fréquent, tard le soir comme en fin de semaine. Le jour où l’autobus sera vraiment pratique, nous pourrons discuter de son prix.
« Il ne s’agit pas pour autant d’abandonner les usagers à faible revenu » : l’auteur devance la critique qu’on pourrait lui faire, puis propose une autre solution, des tarifs calculés selon le revenu. Le piège est la réponse A : les tarifs « déjà appliqués dans d’autres villes » sont ces tarifs selon le revenu, pas la gratuité.
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Faut-il avoir honte de « checker » ses courriels ?
Chaque fois que je publie une chronique sur la langue, je reçois les mêmes courriels indignés : on me reproche de laisser passer « checker », « booker » ou « être dans le rush ». Mes correspondants voudraient que je dresse une liste noire. Je vais les décevoir : je n’en ferai rien.
Non que tous les emprunts se valent. Quand un mot anglais chasse un mot français bien vivant, la langue s’appauvrit : celui qui ne dit plus que « meeting » oublie qu’il avait aussi « réunion », « rencontre » ou « séance », chacun avec sa nuance. Le danger n’est pas l’emprunt ; c’est la paresse, qui réduit le choix.
Mais l’histoire du français est faite d’emprunts que plus personne ne remarque. Ceux qui s’offusquent de « checker » parlent sans gêne de leur « stress » ou de leur « week-end ». Plutôt que de traquer les intrus, je préfère encourager mes lecteurs à connaître tous les mots entre lesquels ils peuvent choisir. Une langue se défend mieux par la richesse que par la peur.
Le chroniqueur refuse de dresser « une liste noire » et rappelle que le français est fait d’emprunts, mais il nuance aussitôt : « Non que tous les emprunts se valent ». Il regrette les mots anglais qui chassent un mot français « bien vivant ». Le piège est la réponse A, qui oublie cette réserve.
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On présente volontiers le « tourisme lent » comme une petite révolution : prendre le train plutôt que l’avion, rester trois semaines au même endroit, apprendre quelques mots de la langue du pays. Les magazines en ont fait un art de vivre, avec ses guides, ses applications et ses forfaits clés en main. Le voyage pressé, lui, passe désormais pour une faute de goût.
Je ne doute pas de la sincérité de ceux qui pratiquent la lenteur. Je constate seulement que, pour voyager lentement, il faut disposer de ce qui manque le plus à la majorité : du temps libre et un employeur compréhensif. Le voyageur pressé d’une fin de semaine n’est pas forcément un consommateur sans scrupules ; c’est souvent quelqu’un qui n’a que trois jours.
La lenteur n’est donc pas une vertu en soi. Elle ne le devient que lorsqu’elle cesse d’être un produit réservé à ceux qui peuvent se l’offrir, et que l’on se demande collectivement comment rendre possibles, pour tous, des vacances plus longues.
Extrait d’un essai sur les vacances
L’auteur ne met pas en doute la sincérité des adeptes du tourisme lent ; il constate qu’il faut « du temps libre et un employeur compréhensif », ce qui « manque le plus à la majorité ». Il reproche donc à ce discours d’ignorer une inégalité. Le piège est la réponse C, contredite par « Je ne doute pas de la sincérité de ceux qui pratiquent la lenteur ».
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« Éloge des après-midi vides », d’Héloïse Marchessault
Dans « Éloge des après-midi vides », la psychologue Héloïse Marchessault défend une idée qui a de quoi rassurer les parents : un enfant qui s’ennuie ne perd pas son temps. Privé d’écrans et d’activités organisées, il finit par inventer un jeu, une histoire, parfois un monde entier. Les exemples sont nombreux, souvent drôles, et l’auteure écrit avec une clarté qu’on aimerait trouver plus souvent dans les ouvrages de vulgarisation.
On regrettera pourtant que ces exemples tiennent lieu de démonstration. Le livre passe d’une anecdote à l’autre (sa fille, les enfants des voisins, ses propres souvenirs d’été) sans jamais dire ce que la recherche sait, ou ne sait pas encore, sur la question. Le lecteur déjà convaincu refermera l’ouvrage conforté ; le sceptique, lui, n’aura reçu que des histoires.
Ce défaut n’enlève rien au plaisir de la lecture, ni à l’intérêt de la question posée. Il interdit simplement de prendre pour une preuve ce qui reste, au fond, un plaidoyer bien écrit.
Le critique salue la clarté et les exemples, mais regrette qu’ils « tiennent lieu de démonstration » : le livre enchaîne les anecdotes « sans jamais dire ce que la recherche sait ». C’est « un plaidoyer bien écrit », pas une preuve. Le piège est la réponse C : le critique trouve au contraire les exemples « nombreux, souvent drôles ».
-
Le village n’avait pas changé, et c’était bien ce qu’on pouvait lui reprocher. La même épicerie tenait lieu de bureau de poste, de club de lecture et de tribunal ; on y jugeait chaque matin, entre le pain et les journaux, la conduite de ceux qui étaient partis. J’en étais, et depuis vingt ans.
Ma tante m’accueillit comme on accueille une averse annoncée : sans surprise, avec un parapluie de politesse. Elle me trouva « bien en forme pour quelqu’un de la ville », ce qui, chez elle, tenait à la fois du compliment et du diagnostic. Elle me servit le thé dans les tasses du dimanche, celles qu’on ne sortait que pour les visites, et je compris que j’en étais devenu une. Je souris. J’avais appris, là-bas, à sourire à tout.
Le soir, pourtant, quand le jour déclina sur le lac et que les huards se mirent à crier, je sentis céder en moi quelque chose que je croyais solide. J’avais passé vingt ans à expliquer, dans des dîners en ville, pourquoi j’étais parti. Personne, ici, ne me l’avait jamais demandé. Ce n’était peut-être pas de l’indifférence. Peut-être savaient-ils, mieux que moi, que la question n’avait pas de réponse.
Extrait d’un roman
L’extrait est d’abord ironique (l’épicerie qui sert de « tribunal », le « parapluie de politesse »), mais la fin change de ton : « je sentis céder en moi quelque chose que je croyais solide ». Son ironie protégeait le narrateur d’une émotion. Le piège est la réponse B : il écarte lui-même l’idée d’indifférence (« Ce n’était peut-être pas de l’indifférence »).
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Éloge de l’agenda parfait
Il faut saluer, comme il se doit, les applications qui ont enfin délivré nos journées du hasard. Grâce à elles, je sais maintenant que j’ai consacré onze minutes, mardi, à des « tâches non catégorisées », ce qui m’a valu une notification sévère mais juste. Je sais aussi que mon « score de concentration » baisse le vendredi, information précieuse que j’ignorais à l’époque obscure où je me contentais d’être fatigué.
Certes, il m’arrive encore de perdre du temps. Mais je le perds à présent de façon mesurée, colorée et partageable avec mon équipe, ce qui change tout. Mes collègues optimisent, eux aussi : nous passons nos réunions du lundi à comparer nos graphiques, et l’on m’assure que cette heure-là est classée « productive ».
On objectera que le temps passé à mesurer le temps n’est employé à rien d’autre. C’est mal comprendre l’époque. Le travail, voyez-vous, est devenu trop sérieux pour qu’on se contente de le faire : il faut aujourd’hui prouver qu’on l’a fait, de préférence en temps réel. Je vous laisse ; mon application m’informe qu’il me reste quatre minutes pour finir ce texte, et je ne voudrais pas décevoir mon graphique.
Le texte est ironique d’un bout à l’autre : un « éloge » des applications, « l’époque obscure où je me contentais d’être fatigué », une réunion passée à comparer des graphiques et pourtant jugée productive. La phrase clé est l’objection que l’auteur fait semblant d’écarter : « le temps passé à mesurer le temps n’est employé à rien d’autre ». Le piège est la réponse A, qui prend le texte au pied de la lettre.
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Nos téléphones, nos souvenirs
Nos téléphones contiennent des milliers de photos. Jamais une génération n’aura laissé autant de traces de sa vie quotidienne ; on pourrait s’en réjouir, et les historiens de demain s’en réjouiront peut-être. Je ne prétends pas que nos grands-parents, avec leurs trois albums, aient eu meilleure mémoire que nous : la nostalgie embellit toujours ce qu’elle compare.
Encore faut-il se demander ce que nous faisons de ces images. Une photo que l’on prend pour ne plus avoir à regarder n’est pas un souvenir, c’est une délégation. Nous confions à la machine le soin de se souvenir à notre place, avec le soulagement de celui qui croit avoir agi parce qu’il a rangé. Le soir d’un concert, l’écran tendu au-dessus des têtes ne conserve pas la musique : il nous dispense de l’écouter, et nous rentrons avec une vidéo que personne ne regardera.
Il ne s’agit pas de renoncer aux photos, ni de prêcher le retour à l’album unique. Peut-être faudrait-il seulement en prendre moins, et les regarder davantage. Car la mémoire n’a jamais été un entrepôt : elle choisit, elle oublie, et c’est précisément ce tri qui fait d’un instant un souvenir.
L’auteur concède plusieurs points (les historiens « s’en réjouiront peut-être » ; nos grands-parents n’avaient pas forcément meilleure mémoire) pour mieux poser sa thèse : une photo prise « pour ne plus avoir à regarder » n’est qu’« une délégation », et c’est « ce tri » qui fait d’un instant un souvenir. Le piège est la réponse C : l’auteur critique notre usage des photos, mais précise « Il ne s’agit pas de renoncer aux photos ».
-
On répète volontiers que traduire, c’est trahir. La formule est commode : elle flatte le lecteur, qui se croit averti, et elle excuse d’avance le traducteur, qui n’aura plus qu’à plaider l’impossible. Elle a surtout le défaut de supposer qu’il existerait, quelque part, une fidélité parfaite dont toute traduction serait l’échec.
Or cette fidélité n’existe pas, pas même entre deux lecteurs d’une même langue. Celui qui lit ces nouvelles dans l’original n’entend pas ce qu’entendait leur auteure en les écrivant ; il y met sa propre enfance, ses propres hivers. Traduire ne consiste donc pas à transporter un sens intact d’une rive à l’autre, mais à refaire, avec d’autres mots, le travail que le texte accomplissait sur son premier lecteur : le faire rire au même endroit, le faire hésiter au même tournant.
C’est pourquoi j’ai parfois été infidèle à la lettre pour rester fidèle à l’effet. Là où l’auteure jouait sur un proverbe intraduisible, j’en ai cherché un autre, qui ne dit pas la même chose mais produit le même sourire. Les puristes y verront une trahison. J’y vois la seule loyauté qui vaille.
Préface d’une traductrice à un recueil de nouvelles
La traductrice dit avoir été « infidèle à la lettre pour rester fidèle à l’effet » : sa loyauté va à ce que le texte produit chez le lecteur (« le faire rire au même endroit »). Le piège est la réponse A : respecter chaque mot, c’est précisément la fidélité « à la lettre » qu’elle refuse.
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Mini-test d’entraînement : il ne donne pas de score sur 699. Au TCF, les questions sont de difficulté croissante et le score dépend de la difficulté des questions réussies.
Ce mini-test ne donne pas de score sur 699 et ne prédit pas votre résultat au TCF Canada : il sert à repérer le niveau à partir duquel les questions vous posent problème. TCF Canada Coach est un outil indépendant, sans lien avec France Éducation international ni IRCC ; seule France Éducation international délivre les résultats du TCF Canada.
Après le test
- Vous vous trompez dès A2 ou B1 ? Travaillez d’abord le vocabulaire courant, avec notre vocabulaire du TCF Canada, et lisez chaque jour des textes pratiques : annonces, courriels, articles courts.
- Vous bloquez à partir de B2 ou C1 ? Lisez des éditoriaux et des chroniques en cherchant, à chaque paragraphe, ce que pense vraiment l’auteur : concessions, nuances, ironie.
- Pour organiser vos révisions, suivez notre plan gratuit de 4 semaines, qui couvre les quatre épreuves, et consultez notre guide des ressources pour se préparer au TCF Canada. France Éducation international recommande aussi les exercices de TV5Monde pour les épreuves obligatoires du TCF.
Les épreuves d’expression demandent un autre entraînement. À l’écrit comme à l’oral, notre correcteur estime votre niveau NCLC et corrige vos réponses : voir les 3 tâches et la notation de l’écrit, l’expression orale et notre examen blanc d’écrit chronométré. Chaque texte et chaque réponse orale reçoit un aperçu gratuit ; le rapport complet est payant (voir les tarifs).
Questions fréquentes sur la compréhension écrite du TCF Canada
Combien de questions compte la compréhension écrite du TCF Canada ?
39 questions à choix multiple, avec quatre choix et une seule bonne réponse, à traiter en 60 minutes. C’est une épreuve collective, sur papier ou sur ordinateur, et les questions sont de difficulté croissante.
Comment le score de compréhension écrite est-il calculé ?
Seules les bonnes réponses comptent : une réponse fausse et une absence de réponse valent toutes deux 0. Le barème tient compte de la difficulté des questions réussies et donne un score de 100 à 699. Il vaut donc mieux répondre à toutes les questions, même au hasard.
Quel score faut-il en compréhension écrite pour obtenir NCLC 7 ?
De 453 à 498, d’après le tableau d’IRCC (page sur les résultats des tests de langue pour Entrée express, modifiée le 16 octobre 2026) ; NCLC 8 commence à 499. Les tranches de la compréhension orale sont différentes : NCLC 7 y commence à 458.
Ce test d’entraînement donne-t-il mon score au TCF Canada ?
Non. Il ne donne pas de score sur 699 et ne prédit pas votre résultat. Il montre à partir de quel niveau de difficulté vous commencez à vous tromper, et chaque explication indique le piège à éviter. Ses 24 questions sont originales : ce ne sont pas des questions d’examen.
Combien de temps passer sur chaque question ?
En moyenne, environ une minute et demie : 60 minutes pour 39 questions, soit 92 secondes. Comme les questions deviennent plus difficiles au fil de l’épreuve, allez plus vite au début pour garder du temps pour la fin.