TCF Canada · expression écrite

Tâche 3 du TCF Canada : comparer deux points de vue et donner le vôtre

La tâche 3 de l’expression écrite du TCF Canada demande un texte de 120 à 180 mots en deux parties : vous présentez avec vos propres mots deux opinions sur un fait de société, tirées de deux documents, puis vous donnez votre position. C’est la plus longue des trois tâches, et elle mobilise trois compétences à la fois : reformuler, comparer et argumenter.

Mis à jour le 19 octobre 2026

Ce que dit la consigne officielle

Selon France Éducation international, la tâche 3 consiste à rédiger un texte destiné, par exemple, à un journal, à un site internet, à des collègues ou à des supérieurs. Ce texte compare deux points de vue sur un même fait de société, présentés dans deux documents, puis exprime votre propre opinion. Il doit compter 120 mots minimum et 180 mots maximum.

Le livret d’exemples d’épreuves publié par FEI découpe la tâche en deux parties, avec une fourchette de mots pour chacune :

PartieCe qu’on attendNombre de mots
Partie 1 · présenter les deux opinionsPrésenter avec vos propres mots l’opinion de chacun des deux documents40 à 60
Partie 2 · donner votre positionPrendre position sur le thème commun aux deux documents80 à 120
TotalLe texte entier120 à 180

Les règles générales des 3 tâches et de leur notation valent aussi ici : les tâches se font dans l’ordre, la tâche 3 venant en dernier ; une copie peut être évaluée « A1 non atteint » si une tâche ne respecte pas le nombre de mots, sort du sujet ou n’est pas faite ; un mot correspond à tout groupe de signes placé entre deux espaces. Le total doit donc rester entre 120 et 180 mots, et respecter la fourchette de chaque partie vous aide à équilibrer le texte.

Ce que le correcteur évalue

Comme pour les tâches 1 et 2, deux correcteurs formés par France Éducation international évaluent la copie de façon indépendante, selon des critères linguistiques (lexique, grammaire, orthographe, élaboration des phrases), pragmatiques (cohérence, cohésion, développement du thème) et sociolinguistiques (adéquation à la situation). Parmi les compétences que FEI cite pour l’expression écrite, trois sont au cœur de la tâche 3 : comparer deux points de vue, exprimer et argumenter son opinion, et reformuler. Concrètement :

  • Avez-vous reformulé ? Recopier une phrase d’un document ne montre rien de votre niveau : c’est votre capacité à dire la même chose autrement qui est évaluée.
  • Avez-vous vraiment comparé ? Deux résumés posés l’un après l’autre ne suffisent pas : un connecteur d’opposition (« à l’inverse », « alors que ») met les deux opinions face à face.
  • Votre position est-elle claire ? Annoncez-la dès la première phrase de la partie 2, puis appuyez-la sur deux arguments et au moins un exemple.
  • Le texte se tient-il ? Une partie 1 neutre, une partie 2 personnelle, des connecteurs qui guident la lecture : c’est la cohérence et la cohésion.
  • Le registre convient-il au support ? Site de la ville, journal, collègues : un français standard, sans « tu » ni tournures de l’oral.

La méthode en 4 étapes

1. Lire les documents et repérer le thème commun (5 minutes)

Pour chaque document, notez en quelques mots qui parle, ce qu’il pense et ses deux arguments principaux. Le thème commun est rappelé dans la consigne (ici, « la place de la voiture dans les centres-villes ») : c’est sur lui que portera votre position.

2. Rédiger la partie 1 : présenter sans juger (8 minutes)

Une ou deux phrases par document suffisent, reliées par un connecteur d’opposition. Écrivez à la troisième personne, attribuez chaque idée à sa source (« Selon… », « X estime que… ») et reformulez : changez les mots, changez la construction, transformez un verbe en nom. Quelques exemples tirés du sujet ci-dessous :

Dans le documentReformulation possible
« Fermer le centre-ville aux voitures »un centre-ville sans voitures · interdire la circulation automobile dans le centre
« réduire le bruit et la pollution »un centre plus calme et moins pollué · améliorer la qualité de l’air
« les rues sont redevenues des lieux de rencontre »un centre plus convivial · favoriser la vie de quartier
« les familles qui vivent loin des transports en commun »les habitants mal desservis par les transports en commun
« perdre leurs clients au profit des centres commerciaux de banlieue »voir la clientèle partir vers la banlieue

3. Rédiger la partie 2 : prendre position (12 minutes)

  1. votre position dès la première phrase, nuancée si besoin (« …, à condition que… ») ;
  2. un premier argument, développé en une ou deux phrases ;
  3. un second argument, appuyé sur un exemple précis : votre ville, votre expérience ;
  4. une phrase de conclusion qui reprend votre position.

Répondre à un argument du document que vous ne suivez pas (« Certes…, mais… ») est une bonne façon de relier les deux parties.

4. Relire et compter chaque partie (5 minutes)

Comptez la partie 1, puis la partie 2, puis le total. Si la partie 1 dépasse 60 mots, cherchez ce que vous avez recopié ; si la partie 2 n’atteint pas 80 mots, ajoutez un exemple.

Un sujet, deux copies : B1 puis C1

Sujet d’entraînement (original) : La voiture en centre-ville

Vous écrivez un texte pour le site internet de votre ville. Dans la première partie, vous présentez avec vos propres mots les deux opinions ci-dessous (40 à 60 mots). Dans la deuxième partie, vous donnez votre position sur la place de la voiture dans les centres-villes (80 à 120 mots).

Document 1 · Rendre la ville aux habitants Fermer le centre-ville aux voitures, c’est réduire le bruit et la pollution, et rendre les rues plus sûres pour les enfants et les cyclistes. Dans les villes qui ont fait ce choix, les rues sont redevenues des lieux de rencontre et les terrasses se sont multipliées. — Association Ville respirable
Document 2 · Ne pas oublier ceux qui n’ont pas le choix Interdire la voiture, c’est oublier les personnes âgées, les artisans qui transportent du matériel et les familles qui vivent loin des transports en commun. Sans parking ni accès facile, les commerces du centre risquent aussi de perdre leurs clients au profit des centres commerciaux de banlieue. — Union des commerçants du centre

Copie A — niveau B1 estimé (144 mots)

Partie 1 (premier paragraphe) : 52 mots · Partie 2 (second paragraphe) : 92 mots

Le premier document dit que fermer le centre-ville aux voitures, c’est réduire le bruit et la pollution. Les rues sont aussi plus sûres pour les enfants. Le deuxième document dit que les personnes âgées et les artisans ont besoin de leur voiture et que les commerces du centre vont perdre des clients. Je pense que c’est une bonne idée de fermer le centre-ville aux voitures, mais pas tous les jours. D’abord, la pollution est un grand problème pour la santé. Par exemple, dans ma ville, le centre est toujours plein des voitures et c’est difficile de marcher avec mes enfants. Mais je comprends aussi les commerçants, parce que les clients qui habitent loin doivent venir en voiture. Alors, pour moi, il faut fermer le centre le week-end seulement, et il faut que les bus sont plus nombreux. Comme ça, tout le monde est content.

Le plan est le bon : les deux opinions, puis une position avec un argument, un exemple et une proposition, et chaque partie reste dans sa fourchette. Mais la partie 1 recopie mot pour mot la première phrase du document 1 (« fermer le centre-ville aux voitures, c’est réduire le bruit et la pollution »), répète « dit que » et ne nomme pas les auteurs. Sa deuxième phrase présente même l’opinion du document comme un fait (« Les rues sont aussi plus sûres »). Dans la partie 2, deux fautes se remarquent : « plein des voitures » (→ plein de voitures) et « il faut que les bus sont » (→ soient, car « il faut que » demande le subjonctif). « Comme ça » et « c’est difficile de » (à l’écrit : « il est difficile de ») appartiennent plutôt à l’oral.

Estimation : si les trois tâches étaient de ce niveau, la note d’expression écrite tournerait autour de 7/20 (B1 dans la grille de FEI), soit NCLC 6.

Copie B — niveau C1 estimé (169 mots)

Partie 1 (premier paragraphe) : 56 mots · Partie 2 (second paragraphe) : 113 mots

Selon l’association Ville respirable, un centre-ville sans voitures serait plus calme, moins pollué, plus sûr et plus convivial. À l’inverse, l’Union des commerçants du centre estime qu’une telle mesure pénaliserait les personnes âgées, les artisans et les habitants mal desservis par les transports en commun, tout en poussant les clients vers les centres commerciaux de banlieue. Pour ma part, je suis favorable à un centre-ville largement piéton, à condition que cette transformation soit progressive et accompagnée. D’abord, l’enjeu sanitaire me paraît décisif : la pollution de l’air touche en premier lieu les enfants et les personnes fragiles, ceux-là mêmes que les commerçants disent défendre. Ensuite, l’argument économique n’est pas aussi solide qu’il y paraît. Dans ma ville, quand la rue principale est devenue piétonne, les commerçants craignaient le pire ; aujourd’hui, les terrasses ne désemplissent pas et les locaux vides ont trouvé preneur. Encore faut-il prévoir des navettes gratuites, des places réservées aux livraisons et aux personnes à mobilité réduite. Interdire ne suffit pas : il faut rendre le centre accessible autrement.

Même sujet, même plan, mais le correcteur voit tout de suite la différence :

Ce qui changeCopie A (B1)Copie B (C1)
Reformulation une phrase du document recopiée « un centre-ville sans voitures serait plus calme, moins pollué, plus sûr et plus convivial »
Sources « Le premier document dit que… » les auteurs sont nommés, et le conditionnel marque l’opinion rapportée (« pénaliserait »)
Comparaisondeux résumés à la suite« À l’inverse, … »
Position « Je pense que c’est une bonne idée…, mais pas tous les jours » « Pour ma part, je suis favorable à…, à condition que cette transformation soit progressive »
Arguments une raison et un exemple personnel deux arguments annoncés (« D’abord », « Ensuite »), un exemple vécu, une réponse aux commerçants (« ceux-là mêmes que… »)
Grammaire « plein des voitures », « il faut que les bus sont » subjonctif (« à condition que… soit »), conditionnel (« pénaliserait »), inversion (« Encore faut-il »)

Estimation : si les trois tâches étaient de ce niveau, la note d’expression écrite tournerait autour de 15/20 (C1), soit NCLC 9. Les deux copies respectent le total de 120 à 180 mots et la fourchette de chaque partie, comptés selon la règle officielle comme le fait notre correcteur. Pour la conversion des notes, voyez notre tableau des scores en NCLC ; pour d’autres paires de documents, nos sujets d’entraînement.

Formules pour rapporter, comparer et argumenter

Pour…Formules
Présenter une opinionSelon X, … · D’après X, … · Pour X, … · X estime que…
Rapporter un argumentX souligne que… · X rappelle que… · X craint que… (+ subjonctif) · X dénonce…
Opposer les deux points de vue À l’inverse, Y considère que… · Y, quant à lui, … · Alors que X…, Y… · Contrairement à X, Y…
Prendre positionPour ma part, … · Je partage plutôt l’avis de… · Je suis favorable (opposé) à…
Argumenter et nuancerD’abord… Ensuite… · En effet, … · Certes…, mais… · Encore faut-il…
IllustrerPar exemple, … · C’est le cas de… · Dans ma ville, …
ConclureEn somme, … · C’est pourquoi… · En définitive, …

Pour varier vos liens logiques, voyez aussi notre guide des connecteurs logiques.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Recopier les documents. Reprendre un mot-clé du thème est inévitable (« centre-ville », « pollution »). Recopier une phrase entière ne l’est pas : reformuler fait partie des compétences évaluées.
  • Donner son avis dès la partie 1. « Le premier document a raison » n’a rien à faire dans la présentation : gardez votre position pour la partie 2.
  • Déséquilibrer les parties. Quatre-vingt-dix mots de résumé et quarante mots d’opinion : le total peut tenir, mais le texte s’écarte de la structure du livret officiel et votre argumentation reste mince.
  • Dépasser 180 mots (ou rester sous 120). Une tâche hors des limites de mots peut entraîner « A1 non atteint » pour toute la copie : comptez avant de rendre.
  • Rester dans le flou. « Les deux documents ont raison » n’est pas une position. Vous pouvez nuancer, mais concluez clairement.
  • Oublier le support. Un texte pour le site de la ville n’est ni un message à un ami ni une dissertation : français standard, phrases claires.

Selon France Éducation international (information vérifiée le 19 octobre 2026), les demandes de recorrection en expression écrite et orale sont suspendues pour les sessions à partir du 1er septembre 2026, pendant environ un an ; la reprise est prévue à l’automne 2027. Mieux vaut donc viser juste du premier coup.

Entraînez-vous et faites corriger votre texte

Écrivez sur ce sujet (ou collez le vôtre) : aperçu gratuit avec le niveau NCLC estimé et vos 2 corrections les plus importantes.

La voiture en centre-ville

Vous écrivez un texte pour le site internet de votre ville. Dans la première partie, vous présentez avec vos propres mots les deux opinions ci-dessous (40 à 60 mots). Dans la deuxième partie, vous donnez votre position sur la place de la voiture dans les centres-villes (80 à 120 mots).

Document 1 · Rendre la ville aux habitants Fermer le centre-ville aux voitures, c’est réduire le bruit et la pollution, et rendre les rues plus sûres pour les enfants et les cyclistes. Dans les villes qui ont fait ce choix, les rues sont redevenues des lieux de rencontre et les terrasses se sont multipliées. — Association Ville respirable
Document 2 · Ne pas oublier ceux qui n’ont pas le choix Interdire la voiture, c’est oublier les personnes âgées, les artisans qui transportent du matériel et les familles qui vivent loin des transports en commun. Sans parking ni accès facile, les commerces du centre risquent aussi de perdre leurs clients au profit des centres commerciaux de banlieue. — Union des commerçants du centre
0 mots · Attendu : 120–180 mots Chronomètre 30:00

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Questions fréquentes sur la tâche 3

Combien de mots faut-il écrire à la tâche 3 du TCF Canada ?

Entre 120 et 180 mots au total. Le livret d’exemples officiel de FEI répartit ce total en deux parties : 40 à 60 mots pour présenter les deux opinions, 80 à 120 mots pour donner votre position. Une copie dont une tâche ne respecte pas le nombre de mots peut être évaluée « A1 non atteint ».

Peut-on reprendre des phrases des documents ?

Quelques mots-clés du thème, oui ; des phrases entières, non. Savoir reformuler fait partie des compétences évaluées : présentez chaque opinion avec vos propres mots, en nommant sa source (« Selon l’association… », « Les commerçants estiment que… »).

Faut-il donner son avis dans la première partie ?

Non. La première partie présente les deux opinions de façon neutre ; votre position vient dans la seconde. Si un « je » apparaît dans la partie 1, c’est que les deux parties se mélangent.

Doit-on forcément choisir l’un des deux documents ?

Non, mais votre position doit être claire. Vous pouvez soutenir un document, l’autre ou une solution intermédiaire, à condition de l’annoncer dès le début de la partie 2 et de la justifier par des arguments et un exemple.

Combien de temps consacrer à la tâche 3 ?

L’épreuve d’expression écrite dure 60 minutes pour les trois tâches, à faire dans l’ordre. La tâche 3 étant la plus longue, nous conseillons de lui garder environ 30 minutes, relecture comprise.