Section A du TEF Canada : réussir la suite du fait divers
En section A de l’expression écrite du TEF Canada, on vous donne le début d’un article de faits divers et vous devez le terminer en 25 minutes, en plusieurs paragraphes et en 80 mots minimum. Pour réussir, gardez les faits du début, racontez au passé sans changer de système et donnez une vraie fin à l’histoire.
Mis à jour le 19 octobre 2026
Ce que dit la consigne officielle
L’épreuve d’expression écrite du TEF Canada, proposée par CCI Paris Île-de-France (Le français des affaires), compte deux parties chronométrées séparément : la section A (25 minutes) et la section B (35 minutes), soit 60 minutes en tout.
En section A, on vous donne le début d’un article de presse de la rubrique faits divers. Vous devez terminer cet article en plusieurs paragraphes, en écrivant 80 mots minimum.
- Durée : 25 minutes pour cette section.
- Longueur : 80 mots minimum. Seul ce minimum est fixé, il n’y a pas de maximum.
- Forme : plusieurs paragraphes, dans la continuité de l’article.
Pas de maximum ne veut pas dire qu’il faut écrire le plus long possible : en 25 minutes, gardez toujours quelques minutes pour relire.
Comment la section A est évaluée
Chez CCI Paris Île-de-France, chaque copie est évaluée de façon indépendante par deux spécialistes de l’enseignement des langues, à l’aide d’une grille standardisée qui situe la performance globale sur l’échelle du CECR. Les critères présentés dans les exemples d’épreuves de la CCI se répartissent en deux familles :
- la qualité et l’efficacité du texte : respect de la situation, structure d’ensemble, clarté de l’information, capacité à développer, nuancer et préciser ;
- la richesse et la maîtrise de la langue écrite : lexique, syntaxe (phrases, temps, modes), orthographe.
Appliqués à la section A, ces critères donnent des questions très concrètes :
- Votre texte se lit-il comme la suite du même article ? Mêmes personnes, même lieu, même moment, même ton de presse : c’est le respect de la situation.
- Le récit progresse-t-il ? Des paragraphes, un événement qui relance l’histoire, une fin.
- Comprend-on qui fait quoi, et quand ? Un fait divers doit rester clair d’un bout à l’autre.
- Développez-vous ? Une heure, un âge, la réaction d’un témoin : des détails précis plutôt qu’un résumé en trois lignes.
- Les temps sont-ils maîtrisés ? « Temps » et « modes » figurent dans les critères ; en section A, ce sont surtout ceux du passé.
Depuis le 11 décembre 2023, l’expression écrite du TEF Canada est notée sur 699, avec ses propres paliers de conversion en NCLC : le NCLC 7, par exemple, va de 428 à 471 points. Les résultats affichent aussi une « Équivalence ancien score » (310 à 348 pour ce même NCLC 7) : selon la page Entrée express d’IRCC, mise à jour le 16 octobre 2026, c’est cette valeur qu’il faut inscrire dans un profil Entrée express : la nouvelle note n’est pas compatible avec le système. Tous les paliers sont dans notre tableau de conversion des scores en NCLC.
La méthode en 4 étapes
1. Relever les faits du début (2 minutes)
Notez qui, où, quand et ce qui s’est passé. Dans l’exemple plus bas : six voisins qui ne s’étaient jamais parlé, un ascenseur bloqué par une panne d’électricité, un immeuble du Plateau-Mont-Royal, à Montréal, un samedi soir, deux heures de panne. Ces faits sont fixés : votre suite s’appuie dessus et ne les modifie jamais. Lisez aussi le titre quand il y en a un : « Concert improvisé dans un ascenseur » annonce déjà ce qui va se passer.
2. Prévoir trois paragraphes (3 minutes)
- La suite immédiate : les premières réactions, ce que les personnes font pour s’en sortir.
- Le rebondissement : l’événement inattendu qui fait l’intérêt de l’histoire.
- Le dénouement : comment l’histoire se termine, et ce qui a changé ensuite.
Décidez de la fin avant d’écrire : vous ne manquerez pas de temps au moment de conclure.
3. Rédiger comme un journaliste (15 minutes)
- Restez au passé, dans le système du début : passé composé, imparfait, plus-que-parfait (voir le tableau des temps).
- Troisième personne et ton neutre : vous êtes le journaliste, pas un personnage de l’histoire.
- Des faits précis : une heure, un prénom, un âge, un lieu.
- Un témoin cité : une phrase courte entre guillemets suffit à rendre le récit vivant.
- Des marqueurs de temps pour enchaîner : « d’abord », « c’est alors que », « peu à peu », « deux heures plus tard ». Notre guide des connecteurs logiques en propose d’autres.
Ce n’est pas une lettre : pas de « Chers lecteurs », pas de « Bonjour », pas de signature.
4. Relire (5 minutes)
Vérifiez dans cet ordre : les faits du début, les temps du passé, les accords des participes passés, les accents, puis le nombre de mots.
Un début d’article, deux suites : B1 puis C1
Sujet d’entraînement (original)
Voici le début d’un article de presse. Terminez cet article en ajoutant un texte de 80 mots minimum, en plusieurs paragraphes.
Ce début d’article a été écrit pour ce site, comme tous nos sujets d’entraînement : ce n’est pas un sujet d’examen réel.
Copie 1 — niveau B1 estimé (117 mots)
La copie respecte la situation : les six voisins, la panne, les deux heures. Elle suit un plan clair en trois paragraphes et l’histoire a une fin. Ce qui la limite au niveau B1 : des phrases courtes souvent reliées par « et », un vocabulaire très courant, aucun témoin cité et une phrase d’oral, « C’était vraiment sympa », qui donne l’avis du narrateur au lieu de raconter. On relève aussi une erreur de concordance des temps : après « il a dit que », il faut « était » et « fallait », pas « est » et « faut ». Estimation : niveau B1, soit environ NCLC 6 si la section B est du même niveau.
Copie 2 — niveau C1 estimé (171 mots)
Même début, mêmes faits, mais le correcteur voit tout de suite la différence :
| Ce qui change | Copie 1 (B1) | Copie 2 (C1) |
|---|---|---|
| Les liens entre les phrases | « Au début », « Après trente minutes », beaucoup de « et » | « C’est alors que », « Peu à peu », « Lorsque le courant a été rétabli » |
| Les temps | passé composé et imparfait, une erreur de concordance (« il a dit que tout le quartier est… ») | en plus : plus-que-parfait (« ne s’étaient jusque-là croisés que… »), conditionnel (« ne pourrait intervenir »), passif (« a été rétabli ») |
| Les phrases | courtes, juxtaposées | participe en tête (« Plongés dans le noir »), relatives, apposition (« Martine Gagnon, 68 ans ») |
| Le lexique | avoir peur, chanter, content, sympa | privé de courant, compagnons d’infortune, entonner, à tue-tête |
| Le ton | un avis familier : « C’était vraiment sympa. » | un témoin cité, avec son nom et son âge, comme dans un vrai article |
| La fin | « ils veulent organiser une fête » | une chute : « un nouveau concert… dans le hall, cette fois » |
Estimation : niveau C1, soit environ NCLC 9 si la section B est du même niveau. Les deux copies dépassent nettement les 80 mots ; la seconde est plus longue parce qu’elle développe, pas parce qu’elle délaie.
Quel temps du passé pour quoi ?
Le début de l’article vous donne déjà le système à suivre : « a bloqué » (passé composé), « se trouvaient » (imparfait), « ne s’étaient jamais parlé » (plus-que-parfait). Gardez ces temps jusqu’à la dernière ligne.
| Temps | Pour quoi ? | Exemple |
|---|---|---|
| Passé composé | les actions qui font avancer l’histoire, dans l’ordre | « Une violoniste a sorti son instrument. » |
| Imparfait | le décor, les descriptions, les sentiments, les actions en cours | « Il faisait noir et personne ne parlait. » |
| Plus-que-parfait | ce qui s’était passé avant le moment raconté | « Ils ne s’étaient jamais parlé. » |
| Conditionnel présent | ce qui allait se passer plus tard, vu du passé (futur dans le passé) | « Aucun technicien ne pourrait intervenir avant la fin de la panne. » |
| Présent | seulement dans une citation, ou pour ce qui est encore vrai aujourd’hui | « Depuis, ils se retrouvent chaque mois. » |
Les erreurs qui coûtent cher
- Contredire le début. Sept voisins au lieu de six, une panne de dix minutes, l’histoire déplacée à Québec : le correcteur lit votre texte comme la suite du même article, et chaque contradiction se voit.
- Passer au présent. « Les voisins ont peur, un homme sort sa guitare… » casse le système du début. Le présent n’a sa place que dans une citation ou pour ce qui est encore vrai aujourd’hui.
- Passer au « je ». « J’étais dans l’ascenseur… » transforme l’article en témoignage personnel. Pour donner la parole à quelqu’un, citez un témoin entre guillemets.
- Écrire trop court. Sous 80 mots, la consigne n’est pas respectée. Comptez avant la fin du temps et gardez une marge.
- Ne pas finir l’histoire. S’arrêter au rebondissement laisse le lecteur sans dénouement : on ne sait pas comment les voisins sont sortis.
- Écrire une lettre. « Chers lecteurs », une formule de politesse ou une signature n’ont rien à faire dans un article.
À vous : terminez un autre fait divers et faites-le corriger
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Sujet du jour
Un portefeuille retrouvé vingt ans plus tard
Voici le début d’un article de presse. Terminez cet article en ajoutant un texte de 80 mots minimum, en plusieurs paragraphes.
Brouillon enregistré sur cet appareil
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- Lecture de votre texte
- Vérification de la consigne
- Repérage des erreurs
- Estimation du niveau
- Rédaction du texte modèle
Questions fréquentes sur la section A
Combien de mots faut-il écrire à la section A du TEF Canada ?
Au moins 80 mots, en plusieurs paragraphes. Seul ce minimum est fixé : il n’y a pas de maximum. En 25 minutes, un texte d’une centaine à 180 mots environ laisse le temps de relire.
Faut-il ajouter un titre ?
Ce n’est pas demandé : vous terminez un article dont le début est fourni. Commencez directement par la suite du récit, sans recopier l’amorce.
Passé composé ou passé simple ?
Le passé composé est le temps habituel du récit dans la presse, et c’est le choix le plus sûr. Le passé simple est correct si vous le maîtrisez, mais ne mélangez pas les deux dans la même histoire.
Peut-on inventer des noms, des heures, des témoins ?
Oui, et c’est ce qui rend un fait divers vivant : un prénom, un âge, une heure, une courte citation. La seule règle est de ne jamais contredire les faits donnés au début (lieu, moment, personnes, durée).
Peut-on raconter l’histoire à la première personne ?
Pas pour le récit : un fait divers est écrit à la troisième personne, par un journaliste. Le « je » peut apparaître dans les paroles d’un témoin, entre guillemets.