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Section B du TEF Canada : réussir la lettre argumentée

En section B de l’expression écrite du TEF Canada, vous lisez une affirmation tirée d’un journal et vous écrivez au journal une lettre d’au moins 200 mots, en 35 minutes, pour dire ce que vous en pensez en développant au moins trois arguments. Ce qui compte : une position claire dès le début et des arguments appuyés sur des exemples.

Mis à jour le 19 octobre 2026

Ce que dit la consigne officielle

L’épreuve d’expression écrite du TEF Canada, proposée par CCI Paris Île-de-France (Le français des affaires), compte deux parties chronométrées séparément : la section A (25 minutes) et la section B (35 minutes), soit 60 minutes en tout.

En section B, vous lisez une affirmation tirée d’un journal. Vous écrivez une lettre au journal pour dire ce que vous en pensez, en développant au moins trois arguments pour défendre votre point de vue.

  • Durée : 35 minutes pour cette section.
  • Longueur : 200 mots minimum. Seul ce minimum est fixé, il n’y a pas de maximum.
  • Contenu : au moins trois arguments développés.

Comme vous écrivez à un journal, la situation demande une lettre formelle : vouvoiement, formule d’appel au début et formule de politesse à la fin.

Ce que le correcteur attend

Chez CCI Paris Île-de-France, chaque copie est évaluée de façon indépendante par deux spécialistes de l’enseignement des langues, à l’aide d’une grille standardisée qui situe la performance globale sur l’échelle du CECR. Les critères présentés dans les exemples d’épreuves de la CCI se répartissent en deux familles :

  • la qualité et l’efficacité du texte : respect de la situation, structure d’ensemble, clarté de l’argumentation, capacité à développer, nuancer et préciser ;
  • la richesse et la maîtrise de la langue écrite : lexique, syntaxe (phrases, temps, modes), orthographe.

Dans un article consacré à la préparation de la section B, publié le 23 juin 2020, la CCI précise ce qu’elle attend :

  • une courte phrase d’introduction qui annonce votre position suffit ;
  • les introductions et les conclusions longues et creuses ne rapportent rien ;
  • ce qui compte, c’est le développement des arguments, avec des détails et des exemples ;
  • la cohérence du texte et les liens entre les phrases ;
  • des phrases et un vocabulaire variés, précis et adaptés au sujet ;
  • l’orthographe et la ponctuation.

Depuis le 11 décembre 2023, l’expression écrite du TEF Canada est notée sur 699, avec ses propres paliers de conversion en NCLC : le NCLC 7, par exemple, va de 428 à 471 points. Les résultats affichent aussi une « Équivalence ancien score » (310 à 348 pour ce même NCLC 7) : selon la page Entrée express d’IRCC, mise à jour le 16 octobre 2026, c’est cette valeur qu’il faut inscrire dans un profil Entrée express : la nouvelle note n’est pas compatible avec le système. Tous les paliers sont dans notre tableau de conversion des scores en NCLC.

La structure de la lettre

Les deux lettres modèles plus bas suivent ce plan :

  1. « Madame, Monsieur, » : la formule d’appel d’une lettre au journal.
  2. Votre position, en une phrase. Reprenez l’affirmation et dites si vous êtes d’accord, en désaccord ou d’accord sous conditions.
  3. Trois arguments, un paragraphe chacun. L’idée, puis un exemple précis (une situation vécue, un fait observé), puis ce que l’exemple montre.
  4. Une nuance ou une concession. Reconnaître une limite (« Certes…, mais… ») montre que vous savez nuancer, l’un des critères de la CCI.
  5. Une conclusion courte : une ou deux phrases qui resserrent votre position, sans tout répéter.
  6. Une formule de politesse complète, puis votre nom.

Repère de longueur : une vingtaine de mots pour la position, 45 à 60 mots par argument, 30 à 50 mots pour la nuance et une vingtaine pour la conclusion. Vous arrivez à 230–280 mots environ, sans remplissage.

Gestion des 35 minutes : 5 minutes pour choisir votre position et noter trois arguments avec un exemple chacun, 25 minutes de rédaction, 5 minutes de relecture (nombre de mots, accords, formule finale).

Une affirmation, deux lettres : B1 puis C1

Sujet d’entraînement (original)

Vous avez lu dans un journal l’affirmation suivante : « Les transports en commun devraient être gratuits dans toutes les grandes villes. » Écrivez une lettre au journal pour dire ce que vous en pensez (200 mots minimum). Développez au moins trois arguments pour défendre votre point de vue.

Cette affirmation a été écrite pour ce site, comme tous nos sujets d’entraînement : ce n’est pas un sujet d’examen réel.

Lettre 1 — niveau B1 estimé (216 mots)

Madame, Monsieur, J’ai lu dans votre journal que les transports en commun devraient être gratuits dans toutes les grandes villes. Je suis d’accord avec cette idée, pour trois raisons. D’abord, la gratuité aide les personnes qui n’ont pas beaucoup d’argent. Par exemple, ma sœur est étudiante et elle prend le bus tous les jours pour aller à l’université. Sa carte mensuelle coûte cher, alors elle doit travailler le week-end pour la payer. Ensuite, c’est bon pour l’environnement. Si le bus sera gratuit, beaucoup de gens vont laisser leur voiture à la maison. Dans ma ville, il y a des embouteillages tous les matins et l’air est pollué. Avec moins de voitures, la ville sera plus calme et plus propre. Enfin, les transports gratuits sont utiles pour la vie sociale. Mon voisin est retraité et il sort peu parce que les billets sont trop chers pour lui. Avec la gratuité, il pourrait aller plus souvent au centre-ville pour voir ses amis ou aller à la bibliothèque. Bien sûr, cette mesure coûte cher à la ville, qui devra peut-être augmenter les impôts. Mais je pense que c’est un bon investissement pour tout le monde. Pour conclure, je pense que les transports gratuits sont une très bonne idée. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. Julien Morel

La lettre fait ce qui est demandé : une position claire dès la deuxième phrase, trois arguments avec chacun un exemple tiré de la vie de l’auteur, une concession et une formule de politesse correcte. Ce qui la limite au niveau B1 : des connecteurs de base (d’abord, ensuite, enfin), des phrases simples, une formule vague (« c’est bon pour l’environnement »), « je pense » répété, une concession expédiée en une phrase et une conclusion qui ne fait que répéter la position. On relève aussi une erreur classique : « Si le bus sera gratuit ». Après « si », pas de futur : « Si le bus est gratuit ». Estimation : niveau B1, soit environ NCLC 6 si la section A est du même niveau.

Lettre 2 — niveau C1 estimé (270 mots)

Madame, Monsieur, Votre journal a récemment publié l’affirmation selon laquelle les transports en commun devraient être gratuits dans toutes les grandes villes. J’y souscris, à une condition : que la gratuité ne se fasse pas aux dépens de la qualité du service. Le premier argument est d’ordre social. Pour une famille modeste, le coût des transports pèse lourd : ma collègue, mère de deux adolescents, renonce ainsi à certaines sorties culturelles faute de pouvoir payer trois allers-retours. Rendre le réseau gratuit, c’est garantir à chacun le même droit de circuler dans sa ville. Sur le plan écologique, ensuite, la gratuité enverrait un signal fort. Encore faut-il que l’offre suive : dans mon quartier, le bus de 8 h passe souvent sans s’arrêter tant il est bondé, et personne ne laissera sa voiture au garage pour un tel service. Enfin, supprimer les titres de transport simplifierait la vie de tous. Plus de distributeurs en panne, plus de files d’attente pour recharger sa carte, plus d’amendes pour les visiteurs qui ignorent les règles locales : usagers et chauffeurs y gagneraient. Certes, une telle mesure a un coût, que l’impôt devra en partie couvrir. Mais une ville plus juste et moins polluée vaut bien cet effort. Je reconnais toutefois que, dans les villes dont le métro est déjà saturé aux heures de pointe, une gratuité totale risquerait d’aggraver la situation ; mieux vaudrait alors commencer par les jeunes et les ménages à faibles revenus. En somme, oui à la gratuité, mais à un rythme adapté à chaque ville et sans sacrifier la qualité du service. Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. Julien Morel

Même position de départ, mais une tout autre lettre :

Ce qui changeLettre 1 (B1)Lettre 2 (C1)
La prise de position« Je suis d’accord avec cette idée, pour trois raisons. »« J’y souscris, à une condition : que la gratuité ne se fasse pas aux dépens de la qualité du service. »
L’annonce des arguments« D’abord », « Ensuite », « Enfin »« Le premier argument est d’ordre social », « Sur le plan écologique, ensuite »
Les exemplespersonnels et simples : la sœur étudiante, le voisin retraitéprécis et reliés à l’idée : « trois allers-retours », « le bus de 8 h »
La nuanceune phrase : « Bien sûr, cette mesure coûte cher à la ville »une concession, une réponse, puis une contre-proposition : commencer par les jeunes et les ménages à faibles revenus
Les structuresprésent, futur proche, phrases simplessubjonctif (« que l’offre suive »), conditionnel, infinitif sujet (« Rendre le réseau gratuit, c’est… »), inversion (« Encore faut-il », « mieux vaudrait »)
La conclusionrépète la positionla resserre en une phrase : « oui à la gratuité, mais… »

Estimation : niveau C1, soit environ NCLC 9 si la section A est du même niveau. La lettre 2 est plus longue parce que chaque argument est développé, pas parce que l’introduction s’allonge : elle reste aussi courte que dans la lettre 1.

Formules utiles

Variez vos formules : la variété et la précision du vocabulaire font partie de ce que la CCI regarde. Notre guide des connecteurs logiques en propose d’autres.

Pour…Formules simples (B1)Formules plus soutenues (B2–C1)
Donner son avisÀ mon avis, … · Je pense que… · Je suis tout à fait d’accord avec…Je partage pleinement ce point de vue. · J’y souscris, à une condition : … · Il me paraît difficile d’admettre que… (+ subjonctif)
Annoncer un argumentD’abord, … · Ensuite, … · Enfin, …Le premier argument est d’ordre… · Sur le plan économique, … · À cela s’ajoute…
Ajouter une idéeDe plus, … · Il faut aussi dire que…En outre, … · Par ailleurs, … · Non seulement…, mais encore…
Donner un exemplePar exemple, … · C’est le cas de…Prenons le cas de… · À titre d’exemple, … · En témoigne…
ConcéderBien sûr, …, mais… · Il est vrai que…, mais…Certes, …, mais… · Je reconnais toutefois que… · Bien que… (+ subjonctif)
ConclurePour conclure, … · C’est pourquoi…En somme, … · Pour toutes ces raisons, … · En définitive, …

Pour prendre congé, gardez une formule complète qui reprend l’appel du début :

  • « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. »
  • « Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués. »
  • « Recevez, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. »

« Cordialement » convient plutôt à un courriel ; pour une lettre au journal, préférez une formule complète.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Moins de trois arguments. La consigne en demande au moins trois : deux arguments, même excellents, laissent la tâche incomplète.
  • Des arguments sans exemple. « La gratuité est bonne pour l’environnement. » n’est qu’une affirmation. La CCI insiste sur le développement : un fait, une situation vécue, une conséquence.
  • Le mauvais registre. Tutoyer le journal, écrire « Salut », « super » ou « Bisous », oublier la formule de politesse : la situation demande une lettre formelle.
  • Moins de 200 mots. C’est le minimum officiel. Comptez vos mots avant la relecture finale, pas après.
  • Une longue introduction. Trois phrases sur « un débat qui divise notre société » avant de donner votre avis : la CCI précise que ce type d’introduction ne rapporte rien.

À vous : écrivez votre lettre et faites-la corriger

Écrivez sur ce sujet (ou collez le vôtre) : aperçu gratuit avec le niveau NCLC estimé et vos 2 corrections les plus importantes.

Les zoos

Vous avez lu dans un journal l’affirmation suivante : « Les zoos n’ont plus leur place au XXIe siècle. » Écrivez une lettre au journal pour dire ce que vous en pensez (200 mots minimum). Développez au moins trois arguments pour défendre votre point de vue.

0 mots · Attendu : 200 mots minimum Chronomètre 35:00

Aperçu gratuit : niveau estimé et 2 premières corrections. Rapport complet avec un pack ou un pass.

Questions fréquentes sur la section B

Combien de mots faut-il écrire à la section B du TEF Canada ?

Au moins 200 mots. Seul ce minimum est fixé : il n’y a pas de maximum. Une marge de quelques dizaines de mots vous évite de compter au mot près ; au-delà, développez vos exemples plutôt que l’introduction.

Faut-il exactement trois arguments ?

Au moins trois : la consigne demande d’en développer au moins trois. Trois arguments bien développés, chacun avec un exemple, valent mieux que cinq idées énumérées en une ligne chacune.

Faut-il être pour ou contre ?

Vous pouvez être pour, contre, ou d’accord sous conditions, comme dans la lettre 2. Les critères publiés portent sur la clarté et le développement de l’argumentation, pas sur l’opinion choisie. L’important est que votre position soit claire dès le début et ne change pas en cours de route.

Comment commencer et terminer la lettre ?

« Madame, Monsieur, », puis une phrase qui reprend l’affirmation et donne votre avis. Pour finir, une conclusion d’une ou deux phrases et une formule de politesse complète, par exemple « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. », suivie de votre nom.

Comment répartir les 35 minutes ?

Une répartition possible : 5 minutes pour choisir votre position et noter trois arguments avec un exemple chacun, 25 minutes de rédaction, 5 minutes de relecture (nombre de mots, accords, formule finale).